Marguerite Piard

Dans la grande lignée de ses mères spirituelles, Frida Khalo, Alina Szapocznikow ou Niki de Saint Phalle, la très jeune Marguerite Piard pose un regard non plus révolté mais apaisé sur le corps féminin. Son œil vient caresser, effleurer, contourner les formes, la peau ou les gestes de femmes lascives, abandonnées à leur intimité.Marguerite Piard part d’une situation où la femme « plonge »dans un univers bienveillant et apaisé, où aucun regard voyeur ou pervers ne vient la troubler. Elle se laisse ainsi porter par une légèreté, songeuse et concentrée sur ses activités : se raser, jouer d’un instrument, s’enlever une épine du pied… Elle devient une « plongeuse ». Marguerite révèle la beauté de ce corps féminin par son authenticité, sans l’idéaliser ou le mythifier. Il est là. Présent. Un peu boudiné, pas très bien rasé. Réel. Dans ce paysage aux allures de Jardin d’Eden, Marguerite Piard fait vivre ses personnages nus dans la plus grande liberté de mouvements.Pourtant, la peintre vient y insérer un petit caillou, serpent, plume ou oursin, devenant une menace pour ces femmes. Si un tout petit homme au sexe dressé au fond d’un tableau vient directement enfreindre la tranquillité ambiante, ces objets empruntant aux mythes leurs significations ancestrales, viennent aussi titiller leur sérénité. Mais la pomme ou le serpent ne sont déjà plus les objets du péché. Ces femmes ont l’air de jouer avec, de les manipuler avec espièglerie. Jusqu’à ce que l’objet deviennent lui-même le sujet principal des scènes. C’est ce qui arrive au caillou par exemple, que Marguerite utilise comme nouveau support de ses peintures.Sans le tailler, l’artiste fait épouser le visage ou le corps de ses personnages aux formes de la pierre. Il y en des grosses, ou des toutes petites, comme des grigris que l’on garde toujours dans sa poche. Ce jeu d’échelle amuse celui qui les observe, se courbe et se penche vers le sol pour les voir, ou s’approche au plus près du mur, comme pour scruter à travers le judas d’une porte. Et que voit-il ? Une femme nue, bien évidemment ! » Joséphine Dupuy-Chavanat

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